Histoire

Histoire de l'Arc

La 1ère Compagnie d'Arc de Bourges avait écrit un excellent article sur l'histoire de l'arc à travers les âges.

Cet article est repris ci-après sous un forme plus adaptée aux écrans des ordinateurs, des tablettes et des smartphones.

Préhistoire

propulseur1  L'homme préhistorique lançait une sagaie avec sa seule force musculaire. La portée de cette sagaie était limitée à une vingtaine de mètres.

 

Le propulseur est une invention avérée dès 20 000 ans avant J.-C. Ce système permet de démultiplier l'énergie musculaire.

On peut considérer que le propulseur a été inventé avant l'arc. La sagaie du propulseur était améliorée à l'aide d'un empennage de 2, 3 ou 4 plumes, d'une encoche en forme de trou conique et d'une pointe en bois de renne ou en silex. Elle ressemblait donc à nos flèches actuelles, bien que plus longue.

Le propulseur permet de tripler les distances de la sagaie, avec une précision excellente.

Il est probable que le propulseur ait cohabité longtemps avec l'arc vers 10 000 ans avant J.-C.

propulseur

 

fleche prehistoire

Les premières pointes de flèches sont datées de plus de 50 000 ans (trouvées à Bir-el-Ater, en Algérie dans la région de Tebessa, près de la frontière tunisienne - civilisation atérienne).

L'arc pourrait donc bien dater de cette époque.

 

 

Les premières traces d'un arc remontent au mésolithique (plus de 10 000 ans). Les essences utilisées étaient l'if, l'orme, le frène.

Cependant, un fragment de pin d'un arc supposé de 110 cm, 25-30 livres, a été trouvé à Mannheim en Allemagne et date du Magdalénien (plus de 17 000 ans, soit l'âge de pierre).

Ce serait donc l'arc le plus vieux du monde.

arc mesolitique

 

pointes silex Des pointes en silex découvertes dans la grotte de Parpallo, en Espagne, datant de 17 000 av. J.-C. confirment l'existence de l'arc à cette époque (Museum de préhistoire et de la culture à Valence.)

 

 

Tassili en Afrique, au coeur du Sahara qui était verdoyant et boisé il y a 5 à 8 000 ans, des archers ont peint de magnifiques fresques sur de nombreux sites (Tin Tazarift, Sefar, etc).

tassili

 

chasse lybieChasse à l'arc vers 4500-3000 av. JC (grotte en Libye)

Le monde entier, sans exception révèle l'existence de l'arc. Celui-ci est beaucoup plus précis que le propulseur et la sagaie. Les arcs étaient principalement en if et les flèches en viorne ou en cournouiller. Les enfants possédaient leurs arcs. Les pointes de flèches étaient en bois, en bois de cerf, en os ou en silex.

Antiquité

Egypte ancienne

L'arc fut utilisé par les pharaons d'Egypte pour la chasse et la guerre, il y a 5 000 ans.

Les Hyksôs, peuple de l'Asie de l'ouest, arrivèrent au delta du Nil, chassèrent les dirigeants de la IIIè dynastie, et introduisirent l'arc composite et le char en Egypte.

arc ramses

Ramses II sur son char

 

arc amenophisAménophis III

Les archers de l'armée étaient souvent des Nubiens qui avaient en ce domaine une solide réputation. Ils forment les corps d'élites mercenaires. Ils sont utilisés aussi pour former le corps des Medjay qui est une sorte de police interne. Les mercenaires nubiens constitueront aussi les gardes personnelles des gouverneurs.

La méthode de préhension de la corde est très particulière sur les gravures retrouvées. La corde est tirée avec le pouce. L'index verrouille la prise. Les 3 autres doigts ne sont pas utilisés. C'est la préhension mongole qui est également utilisée par les Mongols, les Japonais, les Assyriens, les Babyloniens etc. Le pouce était protégé par un anneau.

Grèce antique - Mythologie

Cupidon (Eros) est le dieu de l'amour dans la mythologie grecque. Lorsque ses flèches d'or frappent les coeurs, le désir et l'amour envahissent les amoureux.

arc cupidon

 

arc apollon

 

Apollon, dieu archer grec de la beauté, de la raison, des arts (musique et poésie), de la purification et de la guérison. Il peut apporter la peste avec son arc.

 

Artémis (Diane pour les romains), soeur jumelle d'Apollon et archère. Elle tuait les femmes avec ses flèches d'argent. C'est la déesse de la chasse et de la lune.

arc artemis

 

arc heracles

Héraclès était un bon archer de la mythologie. Avec ses flèches, il essaya de tuer le lion de Némée. Mais l'animal était invulnérable, sa peau était si dure qu'aucune flèche ne pouvait l'entamer.

 

Lorsqu'il rentra de son voyage qui avait duré 20 ans, Ulysse était déguisé en mendiant. Il alla trouver Pénélope, sans se faire reconnaître, voulant savoir si elle lui était restée fidèle.

Pénélope avait beaucoup de prétendants. Elle avait accepté de prendre pour époux celui qui serait capable de tendre l'arc d'Ulysse.

La première compétition était née. Aucun des hommes n'y parvint. Seul Ulysse put tirer.

Il commença, aidé de Télémaque son fils, à massacrer les prétendants. Puis il se fit reconnaître de Pénélope.

arc ulysse

 

arc achille

Dans les mythes entourant la guerre de Troie, Achille mourut d'une blessure au talon infligé par une flèche tirée par Pâris.

D'après une légende plus tardive, la mère d'Achille, la déesse Thétis, avait plongé Achille enfant dans le fleuve Styx, le tenant par le talon. Il devint ainsi invulnérable partout où l'eau avait été en contact avec sa peau, c’est-à-dire partout... sauf son talon.

Amazones

Les Amazones sont une légende. C'était un groupe de femmes guerrières vivant dans le Caucase et en Asie mineure. Le nom amazone signifie "privée de mamelle".

On pensait qu'elles tiraient mieux à l'arc avec un sein en moins. Leur arc était en bronze.

arc amazon

Saint-Sébastien

arc sebastien  

Saint Sébastien nait en France à Narbonne vers l'année 260 de parents chrétiens. Son père est noble et sa mère vient de Milan. Sébastien sera élevé plus tard à Milan où ses parents se sont installés.

Sébastien choisit, une fois adulte, de devenir archer dans une des nombreuses compagnies romaines. Il devient capitaine. Mais les chrétiens sont persécutés par Rome. L'empereur Dioclétien apprend la religion de son capitaine en 288 et lui demande d'abjurer sa foi. Sébastien refuse et est condamné à être criblé de flèches par les archers de sa propre compagnie. Mais ceux-ci, très liés à leur capitaine, prennent soin de ne pas viser des organes vitaux pour lui laisser une chance.

Laissé pour mort par ses archers, la veuve du Saint martyr Catulle, Irène, venant pour donner à Sébastien une sépulture décente, s'aperçoit qu'il respire encore. Irène le soigne et Sébastien guérit totalement.

Deux ans plus tard, le 20 janvier 290, Sébastien va voir l'empereur Dioclétien afin de lui demander des comptes. Mais l'empereur, énervé, le fait assomer à coups de massue et le fait jeter dans les égoûts de Rome. Saint Sébastien est bien mort ce 20 janvier 290.

Une femme catholique du nom de Lucile le fait enterrer dans les catacombes, sous la voie Appia. Une église sera construite sur son tombeau.

En 471, la première Compagnie de Soissons fut créée par Saint Prince, évèque de Soissons. Elle était la gardienne des reliques de Saint-Sébastien.

 

 

Charles 1er, dit Charlemagne ou Charles le Grand (roi de 768 à 814) demande que ses soldats soient armés d'une lance, d'un bouclier, d'un arc avec deux cordes et douze flèches.

Sous Charles Le Chauve (petit fils de Charlemagne, roi des Francs de 840 à 877), l'évèque de Soissons fait le voeu de faire venir des reliques de Saint-Sébastien dans son diocèse.

Le Pape Eugène II, vers 826, confie le soin à des Chevaliers et Archers de la Compagnie d'Arc de Soisson le transfert d'une partie des reliques de Saint-Sébastien dans l'abbaye royale de Saint Médard et de Saint-Waast, ce qui est à l'origine de la "Chevalerie d'Arc".

Traditionnellement, un tir est organisé autour du 20 janvier par chaque club ou compagnie pour fêter Saint Sébastien, Saint patron des Archers fété le 20 janvier par chaque Club ou Compagnie.

arc charlemagne

Moyen-âge

On retrouve dans les documents de l'époque du moyen-âge 3 types d'arcs :

  • le longbow
  • l'arc "bourguignon"
  • le "turquois"

Mary-Rose

arc mary rose

Quelques exemplaires d'arcs médiévaux ont été retrouvés dans l'embouchure de la Tamise en 1965. C'était une cargaison de bois d'if et d'ébauches de 138 arcs de type longbow, et plus de 3500 flèches, sur la Mary-Rose, naufragée en 1545.

Haut moyen-âge

Les villes au XIème siècle commencent à être défendues par des petites troupes d'archers. Ces équipes doivent respecter des règles religieuses et militaires.

Les troupes effectuaient un guet de nuit (ronde de nuit également faite par toutes catégories de personnes dans les villes).

arc 11eme

 

arc louis le gros

Les villes organisent leur défense progressivement gràce à des compagnies militaires. Au XIIème siècle, Louis VI "le gros" (1081-1137), accorde des privilèges non négligeables comme l'exonération des taxes (taille, gabelle...). Les archers ne sont plus obligés d'effectuer le guet de nuit.

Les archers de Louis Le Gros combattaient les Anglais à Breteuil et à Chartes. C'est sous son règne que les Compagnies s'organisent en Confrèries militaires de serments et de connétables en France et sous le nom de Guildes en Pays Germanique et flamand.

Dès le XIIème siècle dans les contrées, ces archers (arc 1.20m à 1.30m, lourd, épais, plus droit et de peu de portée, tirait une flèche de 0.70m) apportaient un recours appréciable en temps de guerre.

Pourtant les féodaux les voyaient d’un mauvais oeil, et comme l’a écrit Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire du mobilier français, la France paya bien cher la défiance de ses Seigneurs féodaux à ces égards, et les archers qu’elle enrôlait, lorsqu’il fallait entrer en lutte avec de puissants voisins, étaient loin de valoir les archers anglais, Brabaçons ou Bourguignons.

 

Les bas instincts de violence du début du moyen-âge vont se transformer en sagesse, générosité et tolérance. Ainsi va naître la Chevalerie dont la devise principale est "Protéger et servir dans l'honneur". Des règles bien précises sont mises en place.

Au milieu du moyen-âge, la chevalerie s'impose dans les Compagnies d'arc semi-militaires, composées de gens du peuple et de bourgeois. Ainsi se met en place la chevalerie de l'arc.

Le fait d'être une Compagnie signifie déjà une adhésion aux valeurs de la Chevalerie comme la solidarité, le respect, la courtoisie et l'honneur, au contraire des club de tir à l'arc à vocation purement sportive. Dans les Compagnies les plus traditionnelles, on respecte encore l'organisation suivante :

  • Le Capitaine (président) dirige la Compagnie. Il est normalement au fait des traditions de la Chevalerie d'Arc.
  • Le Premier Lieutenant (secrétaire) l'assiste dans ses fonctions et assure la relation avec les archers de la Compagnie.
  • Le Sous-lieutenant trésorier (trésorier) gère les finances de la Compagnie. Il peut être aidé d'un assistant.
  • Le Censeur est responsable du respect des traditions, de l'ordre et de la discipline.
Le salut

La première tradition de chevalerie de l'arc consiste à saluer les archers présents avant de tirer sa première flèche. L'archer doit saluer de vive voix en disant "Archers, je vous salue". Les archers présents répondent par "Salut". Un archer seul se doit de néanmoins saluer. Un archer ne saluant pas à sa première flèche peut se faire reprendre par le Censeur et se faire mettre à l'amende.

arc compagnie

 

arc turquois

Au XIIème siècle, apparaît l’arc Oriental dit "arc turquois", emprunté certainement lors des premières croisades aux musulmans du Proche-Orient.

Il comportait une poignée centrale et deux de ses branches avaient la forme d’une accolade.

Robin des Bois

L'existence de Robin des bois n'est pas atestée. Selon la légende, telle qu'elle est perçue aujourd'hui, Robin des Bois était un hors-la-loi vers 1190 (au début du règne de Richard 1er dit Richard Coeur de Lion). Robin, homme au grand coeur, vivait caché dans la forêt de Sherwood (comté de Nottingham) et de Barnsdale (comté de York). Habile braconnier, mais aussi défenseur des pauvres et des opprimés, il détroussait les privilégiés (nobles, fonctionnaires - par exemple, le Shérif de Nottingham et surtout le prince Jean Sans Terre) avec ses compagnons Petit Jean, Will Scarlet et le frère Tuck. Il redistribuait ensuite le butin aux victimes de la clique étatique.

A cette époque vivaient de nombreux voleurs et hors-la-loi dont un certain Robert Hood que nous appelons aujourd'hui Robin Hood (Hood signifiant capuche, s'est transformé en Wood (bois), d'où le nom Robin des bois). Little John (petit Jean) était également un de ces voleurs. Robin des Bois était le chef d'une centaines d'hommes de la terre, bien valides, très forts et excellents tireurs à l'arc. Il favorisait les pauvres et ne supportait pas qu'on touche à leur biens. Il les soulageait et les aidait avec les biens pris aux riches.

Robin des Bois serait mort le 24 décembre 1247 à l'age de 87 ans. Malade il se rendit au couvent des Berklies, dans le Yorkshire, afin d'avoir une saignée, mais il fut saigné à mort par les soeurs. La supérieure ordonna qu'on l'enterrât près de la grande route où il avait coutume de tendre des embuscades.

Mais au cimetière de Kirtles une pierre tombale porte ce texte :

Ici sous cette pierre

Gît Robert Comte de Huntingdon

Aucun archer ne fut aussi bon

Et les gens l'appelait Robin Hood

De tels hors-la-loi comme lui et ses hommes

L'Angleterre ne reverra jamais

Here underneath this little stone

Lies Robert, Earl of Huntingdon.

Ne'er archer was as he so good

And people called him Robin Hood.

Such outlaws as he and his men

Will England never see again.

arc robin

Affiche de 1922

 

st louis

En 1245, Saint Louis (Louis IX) fonde en l’église de Saint Jacques de l’Ospital, une confrérie de bourgeois utilisateurs de l’arbalète. Cette confrérie s’est d’abord nommée "La Confrairie du jeu de l’Arbalette en l’honneur de Saint Denys", puis "La Confrairie de Saint Denys aux bourgeois arbalestriers et arquebusiers de la ville de Paris", et pour finir "Compagnie Royale des chevaliers de l’arbalète et de l’arquebuse de la ville de Paris".

En 1260, Saint Louis publia une ordonnance par laquelle chacun était "requis de prendre exercice du noble jeu de l’arc plutôt que de fréquenter d’autres jeux dissolus" et il s’inscrivit lui-même comme membre d’une confrérie. Le tir à l’arc devint ainsi une pratique répandue dans les campagnes autour des bourgs. L'ordonnance interdit tous les jeux sauf l'arc et l'arbalète.

 

Le jeu du papeguay (ou papeguay ou papegault), qu'on pourrait assez justement appeler le Tournoi de la bourgeoisie, remonte au commencement du XIVème siècle. C'était un tir à l'arc, à l'arbalète ou à l'arquebuse, dont le vainqueur prenait le titre de roi.

Au XVème siècle, cette coutume encouragée par les rois de France dans le but d'engager l'élite des bons citoyens à apprendre l'exercice de l'arbalète, de l'arc et l'arquebuse, avait donné lieu à la formation dans chaque province de corporations assez puissantes jouissant de privilèges assez considérables.

Au moyen-âge, papegault signifiait perroquet. L'oiseau était vert avec des pattes et un bec rouges.

papeguay

Retour du vainqueur au Jeu du Papeguay, d'après un dessin du XVIIIe siècle par Mariette

 

archers anglais

Archers anglais à l'entraînement en 1325.

On peut voir sur cette gravure deux buttes face à face. Les archers vont donc retirer les flèches et se retourner pour tirer ans la butte de départ.

On peut remarquer que le premier archer n'a pas une position idéale pour tirer (dos courbé, épaules non alignées...).

Bataille de Crécy

Le 26 août 1346 eut lieu la bataille de Crécy-en-Ponthieu.

L'armée française est une des armées féodales les plus puissantes du moyen-âge. Elle est constituée de plusieurs milliers de soldats et de 1500 chevaliers.

Les anglais sont affamés et les Français auraient dû attendre que les Anglais soient encore plus affamés avant de déclencher la bataille.

Les Anglais sont situés en hauteur. Un orage vient détendre les cordes des arbalètes françaises, limitant ainsi leur efficacité. Le sol détrempé et un soleil de face pénalise le camp français.

Mais les anglais sont armés du célèbre Longbow. Ils font un véritable carnage dans le rang des Français en tirant six fois plus de flèches que les arbalètes françaises. La boucherie va continuer: l'armée d'Edouard III d'Angleterre va achever les chevaux et soldats au sol à la main.

crecy

 

poitiers

1356, bataille de Poitiers: Jean le Bon est fait prisonnier, et les Anglais exigent une énorme rançon de 4 millions d'écus d'or pour sa libération. Son prestige est au plus haut contrairement à celui de la noblesse française. Le roi étant captif le royaume va sombrer dans la guerre civile.

Une patente datant du 09 août 1359 signée de Charles, futur Charles V, dauphin de France durant la captivité de son père Jean II le Bon en Angleterre, confirme la confrérie tout en limitant le nombre à 200: "... et que le complètement ils ne sont encores le nombre de deux cenz bons Arbalestriers, que il se puissent accroitre et assembler; et aussi que se plus font, que ils se restreignent jusques audit nombre...".

La guerre civile est menée à Paris par Etienne Marcel, prévôt des marchands et bourgeois. La patente cherche à limiter le nombre d'armes de jet individuelles.

On trouve la trace d'une confrérie d'archers à Bourges en 1363.

 

C’est Charles V qui, par ordonnance de 1369, fit obligation à ses sujets de prendre "leurs jeux et esbattements à eux exercer et habileter au fait du trait d’arc ou arbaleste, és beaux lieux et places convenables à ce …" leur interdisant sous peine, les jeux de tables, quilles, palets, soules et billes.

Le Roi condamne donc les jeux de hasard et consacre le jeu de l’arc comme le plus important de tous les jeux, en raison, probablement, de sa valeur pour la formation morale et physique de l’individu et, probablement aussi, en raison des services que pourraient rendre des archers entraînés pour la défense de la cité.

Charles V formalise les règles régissant ces compagnies (fidélité, loyauté, honneur) vers 1371. Ces compagnies doivent participer au maintien de l'ordre et à la défense des cités.

charles V

 

archers de paris

Création le 12 juin 1411 par Charles VI dit "le fou" de la Compagnie des Archers de Paris.

En fait, cette compagnie comportait déjà 120 archers et Charles VI la reconnait officiellement. Il faut bien comprendre que l'armée du roi avait plutôt adopté l'arbalète.

Azincourt

Azincourt est une des batailles de la guerre de cent ans les plus célèbres. Elle se déroule le 25 octobre 1415.

Les troupes françaises de Charles VI sont 3 ou 4 fois plus nombreuses que les troupes anglaises conduites par leur roi Henri V.

Mais la défaite sera française, à cause des Longbow des 5000 archers anglais. Les chevaliers Français sont lourdement vétus d'armures d'acier, et leurs chevaux également. Le terrain boueux est donc difficilement pratiquable. Le Longbow décimera donc l'armée française. On a renouvelé l'erreur de Crécy.

Azincourt est la fin de l'ère de la chevalerie française et des armées en armures lourdes. On va ensuite privilégier les armes à distance.

azincourt

 

charles VII

En cas de guerre, les rois font appel à des corps militaires mercenaires. Quand il n'y a pas de guerre, ces corps appelés les "écorcheurs" pillaient et volaient la population pour se payer.

Charles VII va remettre de l'ordre et créer peu à peu les casernes militaires et rémunérer à l'année les soldats.

En 1422, Charles VII emploie plusieurs milliers d’archers écossais à qui il fait entière confiance. Ceux-ci se feront tuer pratiquement jusqu’au dernier le 17 août 1424 à Verneuil en Normandie.

 

Paris, la Guyenne (actuelle région d'Aquitaine-Poitou) et la Normandie sont des territoires anglais. Le Duc de Bourgogne Philippe le Bon règne sur le riche territoire bourguignon.

De 1422 à 1437, Bourges est la capitale de la France de Charles VII (le royaume de Bourges). Charles VII est appelé "le petit roi de Bourges".

Les archers du roi s'entrainent tout près de l'actuel Parc St Paul à Bourges.

bourges

 

archers du roy

A noter que l'armée qui escorte le roi a été formée à Bourges, sans doute dans les rues dites de "la Grosse armée et de la Petite armée".

Charles VII forme en 1440 une compagnie écossaise d'archers à cheval pour sa garde personnelle: les Archers du Roy.

1445, la compagnie créée en 1422 est sous le commandement de Jean Stuart d'Aubigny-sur-Nère.

Le 28 avril 1448, dans une ordonnance créée à Montés-Les-Tours, Charles VII (1403-1461) crée le corps des francs-archers (ainsi appelé grâce aux franchises d'impôts). "En chaque paroisse de notre dit royaume, il y aura un archer qui se tiendra continuellement en habillement suffisant et armé de salade, dague, épée, arc, trousse et jaques ou huques de brigandines...".

 

Les archers de ces compagnies sont exempts de la taille (impôt). Et ce sont les villes qui choisissent et rémunèrent ces archers de 4 francs par mois. Ils avaient l'obligation de s'entraîner et d'entretenir leurs armes chaque semaine.

Chaque ville, à l'appel du roi devait fournir un nombre d'archers proportionnel à sa population. Le carquois devait contenir 18 flèches.

Mais ce corps était principalement composé de nobles, bourgeois attirés par l'exemption d'impôt, parfois incapables de manier un arc.

taille

 

exercices
Exercices de tir à l'arc
Livre des merveilles du monde, France, fin du XVe siècle
Paris, BnF, département des Manuscrits,
Français 22971, fol. 9v.

Engagés dès l'âge de 14 ans dans les milices urbaines, les jeunes garçons sont astreints à la garde des murailles et à un entraînement militaire qui se déroule hors des murs des villes.

 

Cette institution des francs-archers fut supprimée par Louis XI (né à Bourges en 1423, mort en 1483).

Ce fils de Charles VII la supprime en 1480, suite aux mauvais résultats obtenus par ces archers "amateurs". Il les remplace par des suisses armés de piques et de hallebardes.

louis XI

Guillaume Tell

guillaume tell

Guillaume Tell est un héros légendaire suisse. Son existence n'est pas avérée mais il aurait vécu au début du XIVème siècle. C'était un mercenaire expert dans le maniement de l'arbalète.

Un gouverneur autrichien, Hermann Gessler, nouvellement nommé en tant que bailli, érigea un poteau sur la place centrale du village d'Altdorf et y accrocha son chapeau, dans le but d'obliger tous les habitants à se courber devant son couvre-chef, afin de mettre à l'épreuve la loyauté de la population. Or, Guillaume Tell passa un jour avec son fils devant le poteau coiffé sans accomplir la procédure exigée; arrêté, il continua à refuser d'accomplir ce geste obligatoire.

Le bailli Gessler lui ordonna, sous peine de mise à mort, de percer d'une flèche une pomme posée sur la tête de son fils, à l'aide de son arbalète.

Guillaume Tell réussit son exploit et coupa le fruit dès son premier carreau sans toucher l'enfant. Mais il dit au bailli que s'il avait tué son fils dans cette tentative, il aurait immédiatement tiré une seconde flèche sur lui.

Ce commentaire insolent enragea Gessler qui fit arrêter et jeter Guillaume Tell en prison sur le champ.

Celui-ci jura de se venger. Le bailli partit ensuite en navire pour l'Autriche avec le prisonnier qui s'évada et le tua.

 

Charles VIII (1470-1498), le Lion de la dynastie des Valois rétablit les Francs-Archers.

charles VIII

Temps modernes

Renaissance

Les armes à feu vont faire que les combattants vont être de plus en plus distants à chaque bataille. Ainsi, l'arc va progressivement être remplacé par la grande arbalète à moufle et l'arquebuse pour leurs puissances supérieures.

En 1523 est constituée une compagnie de cent arquebusiers.

L'histoire va donc se répéter : quand un archer anglais tire 6 flèches, l'arbalétrier n'aura le temps de réarmer qu'une seule fois.

francois 1er

Sous le règne de François 1er (1515 à 1547), l'arc et l'arbalète sont délaissées pour la javeline de barde (arme de jet, plus mince et plus légère qu'un javelot ; elle était formée d'une hampe mince et d'une pointe de fer longue et acérée).

Le 24 décembre 1535, il supprime définitivement les Francs-Archers tout en maintenant les Compagnies. C'est celui-ci qui adopta les armes à feu dans les armées en guerre.

Les confréries des archers conservèrent l'entraînement au tir avec le même cérémonial de présentation, convocations limitées par les moyens de transport à pied, à cheval ou en voiture, dans un rayon 40 km (10 lieues.). C'est à l'origine des Rondes, desquelles se font ces échanges de fleurs que sont les Bouquets Provinciaux.

En 1566, les archers sont équipés de pistolets et d'arquebuses.

Vers 1640, les Compagnies d'archers sont mélangées aux compagnies d'arquebusiers et d'arbalétriers.

Le terme d'"archers" s'étend au début du 17ème siècle aux trois compagnies d'arbalétriers, d'archers et d'arquebusiers.

Réduits à cent depuis 1566, les archers furent alignés sur les effectifs des compagnies d'infanterie française en 1769 et ramenés à soixante-quinze hommes.

Révolution française

Les Compagnies d'Arc d'arbalétriers et d'arquebusiers sont dissoutes et intégrées dans la Garde Nationale par décret de la convention à la révolution française de 1789. Comme elles étaient rattachées à l'armée royale, certains de leurs capitaines seront exécutés ou emprisonnés.

L'assemblée législative décida par le décret du 13 juin 1790 la dissolution des uniformes, insignes et transfert des étendards. On note que la plupart des étendards des Compagnies étaient brodés d'un Saint-Sébastien et étaient affiliés à une confrérie à caractère religieux. C'est pour cette raison, à la révolution, que les Compagnies parurent suspectes.

La Garde Nationale sera dispersée le 10 mai 1792 entre la Gendarmerie des Tribunaux et les nouvelles Compagnies de Gendarmerie à pied.

A partir de 1793, les Compagnies peuvent se reformer. Elles se reforment rapidement dans le nord de la France, et en Ile de France. On en gardera aujourd'hui les traditions du tir Beursault et le tir à la perche.

revolution

XIXème siècle

Vers 1800, toutes les compagnies se reforment dans certains départements avec un plus grand nombre d'archers qu'avant la révolution.

Vers 1850, les compagnies se regroupent en familles.

Napoléon III autorisa la Compagnie de Paris à prendre le titre de "Compagnie Impériale de l’Arc" le 6 août 1853.

L'encoche est placée au niveau du menton, dès le milieu du XIXème siècle. On constate une meilleure visée. C'est un britannique, Horace A. Ford dans son ouvrage "Archery: Its Theory and Practice" qui en 1856 décrit cette technique, meilleure que l'alignement de la flèche vers l'oreille.

De nouveaux statuts sont adoptés en 1863 pour les compagnies, sous la responsabilité du Docteur Denonvilliers de la Compagnie Impériale de Paris, suivant ainsi l'évolution de la société civile. On y supprime totalement toutes les références religieuses en se rapprochant des structures de compagnonnage.

A la fin du XIXème siècle, Paris compte environ 200 compagnies.

1892 coubertin

Pierre de Coubertin annonce un soir d'hiver le rétablissement des jeux du mont Olympe en Grèce.

Et le 23 juin 1894, il créé le Comité International Olympique au cours d'une cérémonie à l'Université de la Sorbonne, à Paris.

Deux ans plus tard, les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne se tenaient symboliquement à Athènes. A cette occasion, Coubertin était élu Président du CIO.

XXème siècle

1900

Premières épreuves de tir à l'arc aux jeux olympiques d'été de Paris.

L'arc sera présent à plusieurs reprises aux jeux olympiques jusqu'en 1920.

5 254 archers dont 200 étrangers ont tiré du 8 mai au 20 août 1900 sur la pelouse de l'ancien vélodrome de Vincennes.

1920

 

1901

La loi des associations de 1901 interdit toute référence religieuse ou politique.

Les traditions liées à la chevalerie dans les compagnies sont donc supprimées ou modifiées.

 

1908 olympique feminin 1olympique feminin 2

Tir à l'arc féminin au Jeux Olympiques de Londres de 1908.

 

1928

La FFTA (Fédération Française de Tir à l'Arc) naît en 1928.

Le tir à l'arc devient un sport olympique. Le nombre de licenciés va augmenter avec une orientation marquée vers la compétition et une diminution des valeurs de la chevalerie.

Des clubs de tir à l'arc sont créés à la place des compagnies d'autrefois. 

 

1931

Un inventeur américain met au point les branches rectangulaires. Il constate une meilleure efficacité que les branches à section en "D" de type Longbow.

Les arcs de compétition vont adopter ces branches vers la fin des années 30.

Le 4 septembre 1931, une assemblée, composée des Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pologne et Tchécoslovaquie, fonde la FITA ( Fédération Internationale de Tir à l'Arc).

 

Années 1950

Utilisation de branches moitié fibre de verre, moitié bois au début des années 50.

Le clicker sera développé vers 1957-58 par l'archer américain Fred Leder.

Le fils de Fred, Jim Leder gagnera 5 titres nationaux en catégorie junior avec ce clicker.

Le constructeur Hoyt Archery lui rachètera le brevet au début des années 60.

fred leder

 

Années 1960 

La Chevalerie d'arc disparaît peu à peu dans les années 1960, même dans les Compagnies.

Le berger button fait son apparition avec l'archer Vic Berger qui lui donnera son nom.

Mais il fut inventé par Norman Pint au tout début des années 60.

 

1972

Le tir à l'arc devient sport olympique (après une absence de 50 ans aux jeux).

Le constructeur américain Hoyt sort un arc démontable le Hoyt TD1 (seulement 10 exemplaires réservés à des archers...américains).

Doreen Wilbur et John William deviennent champions olympiques avec cet arc.

 

1975

Darrel Pace devient champion du monde en utilisant un V-bar et une corde au Kevlar.

 

1976

Darrell Pace utilise une palette avec méplat et des branches carbone/bois et devient champion olympique avec un arc de 49 livres.

 

1977

Première utilisation d'une extension de V-bar (Richard McKinney)

 

1983

Premières flèches en Aluminium/Carbone (A/C( faites par Easton.

 

1986

Premières cordes en Fast Flight.

 

1992 sebastien flute

Le français Sebastien Flute devient champion olympique à 70 mètres le 3 aout 1992, aux Jeux Olympiques de Barcelone avec un arc de 45 livres.

XXIème siècle

L'histoire de l'Arc continue...

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